Rencontre avec les frères Moock : Bruno Moock

Bruno Moock, dans le tandem que vous formez avec votre frère Patrick, on vous présente comme “le créatif”. Mais quel est votre rôle au sein de Mise Au Green ?

Bruno Moock : Lorsque nous avons créé Mise au Green avec mon frère, je me suis occupé de toute la partie création pendant quelques années. Désormais, je suis entouré d’une équipe de personnes qui réalisent les créations des collections de Mise au Green sous ma direction et mon impulsion.

J’insuffle et croise les grandes lignes de direction stylistique de Mise au Green pour les saisons à venir, auprès d’une équipe d’environ 8 personnes.

A la tête de la direction artistique, je garantis la cohérence et la direction que nous prenons, en accord avec l’ensemble de nos équipes.

De votre point de vue, comment raconteriez-vous le début de Mise au Green ?

Bruno Moock : Au départ, en 1986, la première collection a consisté à utiliser les chemises comme des feuilles de papier : elles devaient raconter une histoire. Elles étaient sur le thème de la nature, de l’environnement, de la campagne… Ainsi, nous faisions des chemises brodées, pour certaines au point de croix, qui représentaient des motifs green : les trois vaches, des herbiers, des fleurs, des oiseaux… 

Comment ont par la suite évolué les collections ?

Bruno Moock : Après quelques années, nous avons fait évoluer cette collection de chemises grande broderie, très exclusive, pour une collection total looksportswear / casualwear. Notre origine créative nous a toujours fait garder une pointe d’originalité et de fantaisie dans nos collections.

Depuis quelques années, nous avons également une collection femme. En effet, nous avons écouté les femmes qui achetaient des vêtements pour leur mari, et qui étaient en demande de produits pour elles ; c’est chose faite ! Nous avons une équipe dédiée spécifiquement aux produits femme.

Vous avez créé Mise au Green avec votre frère Patrick Moock en 1986. Quel avait été votre parcours jusque-là ?

Bruno Moock : J’ai toujours aimé les vêtements (avoir une maman coquette a sans doute été un élément déclencheur). Ainsi, lorsque j’ai fait des études de commerce, j’ai toujours réalisé mes stages dans l’univers du vêtement (chez Charles Chevignon ou encore chez le bottier londonien John Lobb). Puis, lors d’études en sociologie, j’ai mené ma thèse de licence sur la sociologie du jean.

En 1983, j’ai ouvert une boutique, Mise au Point (du nom d’une chanson de Jackie Quartz). Dans ce magasin multimarques, je proposais une sélection de produits qui me plaisaient et que j’allais chercher dans différents pays.

Mais je m’ennuyais un peu et lorsque l’occasion s’est présentée de monter une entreprise avec mon frère Patrick, nous nous sommes associés. Ainsi sont nés Mise au Green et la première collection d’une douzaine de chemises brodées !

Comment se lance-t-on dans ce type d’aventure à 26 ans ?

Bruno Moock : Sans angoisse, mais avec beaucoup d’envie : nous nous sommes pleinement investis dans cette aventure !

Vous êtes un sportif : que pratiquez-vous et dans quel état d’esprit ?

Bruno Moock : Je pratique du sport depuis pour ainsi dire toujours. Pour moi, le sport fait partie de l’hygiène de vie et de mon équilibre. J’en fais tous les jours.

J’ai pratiqué une pluralité de sports : extrêmes et mécaniques (auto et moto lorsque j’avais une vingtaine et une trentaine d’années), équitation, natation… Aujourd’hui, je suis tourné vers des sports orientés nature : vélo, trail, marathons (j’en ai 13 à mon actif), marche (depuis 7 ans, je fais chaque année une partie de la route de Compostelle, en reprenant là où je m’étais arrêté l’année précédente)...

Comment cela nourrit-il votre carrière d’entrepreneur ?

Bruno Moock : J’associe le sport à la rigueur, à la persévérance, au sens de l’effort, au plaisir de réussir, autant de qualités essentielles au chef d’entreprise. Le sport m’apporte sérénité, tant pour ma vie professionnelle que personnelle.

Le sport est d’ailleurs visible dans les partenariats qu’a pu nouer la marque (citons Sébastien Loeb, Thierry Omeyer…)...

Bruno Moock : Oui, ce sont des opportunités liées à des rencontres et à une envie de travailler ensemble, qui marquent également notre ancrage territorial.

En tant que dirigeant de Mise au Green, quelle est votre plus grande satisfaction ?

Bruno Moock : Ma plus grande satisfaction est de codiriger depuis 1986 Mise au Green avec mon frère. Le tout dans le respect, tant l’un envers l’autre, qu’au sein de l’entreprise : la femme et l’homme sont des éléments essentiels de notre histoire et de la manière dont nous la voyons.